|
1891 Jules CAYLA participe à la décoration du Cercle des étudiants de Montpellier |
|
Source : articles parus dans " Le Petit Méridional" des 8 et 16 janvier 1891 |
|
Bâtiment élevé en 1890 sous le nom de Cercle des étudiants, à l'emplacement du théâtre provisoire incendié en 1889. Il a été construit par l'architecte Léopold Carlier (1845-1919) |
|
Les 9 peintures murales réalisées par Jules Cayla dans la salle des billards... |
|
Le Petit Méridional du 8 janvier 1891 : " Hier, la Vie Lyonnaise dont nous reproduisons un passage demandait que l’Association des Etudiants de Lyon eût aussi son hôtel, comme Montpellier. Cela va être, paraît-il. On nous annonce, en effet, qu’un étudiant lyonnais, délégué par ses camarades, M. Crémieux, est venu à Montpellier, pour étudier l’installation et l’aménagement du Cercle. Reçu par M. Desq, président, qui lui a montré tous les plans, devis, projets, conventions et traités. M. Crémieux a pris force notes, croquis et vues photographiques qu’il transmettra au comité qui l’avait délégué. Voilà donc que les étudiants de la deuxième ville de France viennent, une nouvelle fois, rendre hommage à leurs camarades montpelliérains, à la ville, qui a donné généreusement le terrain sur lequel s’élève l’Hôtel de Etudiants. Le comité s’occupe activement de la fête d’inauguration ; il s’est assuré que les panneaux décoratifs de la salle des fêtes, dus au pinceau de MM. Michel, Marsal, Leenhardt et Privat, seront prêts pour le grand jour. Par une omission involontaire et que nous avons à cœur de réparer, nous n’avons pas nommé, parmi les artistes qui prêtent leur concours à la décoration du Cercle, M. Jules Cayla, qui est à la fois un paysagiste de talent très original et l’un des plus fervents amis de l’Association des Etudiants. M. Cayla s’est chargé spécialement de la décoration de la salle de billards pour laquelle il fait, dit-on, des merveilles. Nous en reparlerons plus tard, ne voulant pas ôter dès aujourd’hui, le plaisir de la surprise aux nombreux visiteurs qui, le jour de l’inauguration se presseront dans ce local dont les jolies toiles de M. Jules Cayla seront un des attraits." Le Petit Méridional du 16 janvier 1891 : " Les panneaux décoratifs du Cercle des Etudiants Si MM. Michel, Marsal, Max, Leenhard et Privas, dont nous avons déjà parlé, décorent la grande salle des fêtes du Cercle des Etudiants, M. Jules Cayla, familièrement appelé par ses nombreux amis le Rapin, a pris à cœur de participer, lui aussi, à l’embellissement de l’Hôtel et s’est chargé de décorer la salle des billards. Ce n’est pas là une mince tâche et il a fallu toute l’ardeur au travail et le dévouement de l’artiste à l’Association pour en venir à bout. M. Jules Cayla est gaucher. Il a le bras droit atrophié ; et on se demande ce qu’il faut le plus admirer chez lui de son courage à travailler ou de la gaité avec laquelle lui-même accepte son infirmité et en parle avec ses amis. Les toiles de M. J. Cayla M. Jules Cayla a peint pour le cercle neuf toiles, de grandeurs différentes ; grâce à l’obligeance avec laquelle il a reçu un de nos amis, élève à l’Ecole des Beaux-arts, nous pouvons les passer en revue et en faire à nos lecteurs une description assez complète. I. – Vue de Montpellier – Le grand panneau de la salle des billards, qui a 1 m 25 sur 2 m 50, sera occupé par une vue de Montpellier, prise du côté de l’Ecole d’agriculture. Au premier plan, à droite, une maison de campagne, avec de grands arbres sur un talus ; au milieu de la toile un chemin creux, dans lequel se passe une scène champêtre. A gauche, un petit mazet ; puis se développe la campagne immense, dont la perspective s’achève par la silhouette de la ville, avec ses monuments ; du fouillis des maisons émergent les clochetons de la cathédrale, le faîte des monuments. Le paysage est en plein soleil, sous le ciel chaud et lumineux du Midi. II. – Vue de Béziers – L’Orb au premier plan, avec le Vieux-Pont ; sur ses rives des lessiveuses (lavandières). Ensuite tout le vieux quartier de Béziers ; les maisons délabrées s’étagent, jusqu’à la colline au faîte de laquelle se dessine l’église de Saint-Nazaire. Toile très pittoresque, de couleur très vive et très fraîche. III. – Le quai des Esclavons à Venise – Au premier plan le quai, sur lequel s’agitent de nombreux personnages, tous bien à leur place ; promeneurs, marchands d’oranges, puis le canal avec des bateaux de pêche aux voiles rougeâtres. Dans le fond le soleil se couche en donnant des tons violets au ciel qui se reflète dans l’eau du canal et dessine la silhouette de la cathédrale Sainte-Marie. IV. – Une marine – Toile, d’une belle simplicité, remarquable surtout par la grande perspective qui y est développée. Au premier plan, une falaise avec des rochers à l’aspect sauvage et grandiose, contre lesquels viennent se briser les vagues de la mer qui s’éveille, repousse l’horizon à l’infini. Cette marine est destinée à faire pendant au quai des Esclavons, à Venise. V. – Une porte au Caire – Des marchands arabes sont là près de leurs bazars, à vendre des objets bariolés. Devant la porte Bab-el-Matabele, le soleil brûlant éclaire les pierres calcinées de la porte. VI. – Le port de Boulak – Pendant à la toile précédente, au premier plan, une hutte avec des mariniers arabes, près de leurs barques Le soleil se couche, dans le fond, derrière la ville du Caire et reflète ses rayons dorés dans les eaux du Nil Le ciel, violacé et rougeâtre, est d’un grand effet. VII. – Un sous-bois – Allée très ombragée, rayons de soleil se jouant à travers les arbres sur un sol d’une grande fraîcheur de ton. Ce passage, en plein soleil, est en même temps que très calme, très harmonieux. VIII. – Un clair de Lune, bords du Lez – Paysage très poétique. La Lune, qui se lève à l’horizon, se reflète dans les eaux sombres du Lez, à travers un voile de nuages. IX. – Vallée des Pyrénées – Le peintre nous transporte dans une vallée des Pyrénées, resserrée et escarpée ; un torrent, qui descend des glaciers, dégringole tourbillonnant à travers les mille accidents du terrain. L’aspect de cette toile est grandiose justement par sa sauvagerie. Telles sont les toiles que M. Jules Cayla offre au Cercle des Etudiants. On sera peut-être étonné de voir tant de diversité dans cette série de paysages. Si M. Cayla place à côté des vues de Montpellier et des environs des scènes orientales, c’est pour rappeler l’influence assez grande des Arabes sur nos mœurs, nos coutumes. Il faut le féliciter d’avoir ainsi traité différents sujets qui conservent cependant, dans leur ensemble, une gamme harmonieuse. Les étudiants seront reconnaissants à M. Jules Cayla d’avoir consenti à consacrer à l’embellissement de leur Cercle, son talent original. Ses toiles seront appréciées et constitueront un des attraits, et non des moins brillants, de l’Hôtel des étudiants." |
|
Qu'est devenu le cercle des étudiants de Montpellier ? |
|
A deux pas de la place de la Comédie sur le Champ de Mars - actuellement Esplanade Charles de Gaulle - Sur une surface de 650 m², il comprenait un bâtiment surélevé, précédé d’un portique en pierre et orné de sculptures. L’intérieur offrait une grande salle des fêtes, une bibliothèque, des salles de conférences, de gymnastique, d’hydrothérapie, de billard et des bureaux. Après quatorze ans de fonctionnement, suite à des difficultés financières, le Cercle des étudiants doit céder le pavillon à la ville qui le destine alors aux associations. De cette situation naît le nom de Pavillon Populaire, toujours porté aujourd’hui. Ce lieu, au cœur de la ville, jouera un rôle important pour l’histoire de Montpellier. Dès juin 1907, il est occupé par les manifestants réunis pour la révolte vigneronne et subit des dommages. Plus de 600 000 viticulteurs ont investi le centre. La guerre de 14-18 le verra servir d’annexe à l’hôpital, avec 67 lits installés en octobre 1914. C’est aussi là que furent fêtées la fin des deux guerres mondiales ainsi que celle du Front populaire, en 36. En 1968, le bâtiment sera de nouveau occupé par les défenseurs de la viticulture. Trois ans plus tard, le 2 février 1971, des maires ayant le même but déclareront le pavillon populaire « Mairie du département de l’Hérault ». Comme le rappelle une plaque commémorative apposée à l’entrée, par George Frêche, son édile, le 2 février 2004. Et en même temps, il accueillera, jusqu’au début des années 80, de grandes festivités populaires. Il faudra attendre un siècle après son inauguration pour que l’intérieur du bâtiment soit totalement restructuré par l’architecte François Pin. Cela permettra d’offrir un espace central dégagé et une mezzanine, destinés dans un premier temps aux expositions temporaires du musée Fabre, avant d’être consacré à la photo. De cette période, on retiendra la rétrospective Frédéric Bazille, peintre impressionniste (1841-1870), enfant du pays. Depuis 2011, sous la houlette éclairée de Gilles Mora, ce centre de la photographie acquiert une notoriété internationale. (informations recueillies sur le site patrimoinedefrance.fr)
(photo Eric Commeignes-déc 2025) |
|
(Jeannine & Lucien OSOUF janvier 2026) |
|
page précédente (Jules CAYLA dit "Le Rapin")... Toiles de Jules CAYLA conservées dans des collections privées... cliquez |