La granda maissa...

   Cal parlar d’un òme, un pelucre, granda maissa : « oui une grande gueule ». Ieu coneissi pas son nom. Mai lo coneissètz, benlèu ! . Es un pelucre politic que fa de rasonaments de longa. Fa que bramar, roscailhar, romegar, bracejar, fa de bruch per faire lo malinàs.

   L’autre jorn aquel insucat, s’es trufat d’una femna jornalista e de son accent del miegjorn. E mai que mai, disiá qu’era pas de parlar françés.

   Cresi qu’aquel òme es un politic mai conescut e ditz que las gents del miègjorn parlan pas Francés. La jornalista pausava una question un pauc geinanta. Lo tipe a començat de bralhar, los uèils que sortissián del cap. Era colera. En frances se ditz « n’arrive pas à se controler »pòt pas mestresar sos nèrvis, a perdut las pedalas. Ieu me disiài : es aquò que vòl governar la França ?

   Dins l’imaginari dels mond l’accent ponchut, los del miegjorn son de cigalons pas serioses, un pauc bedigàs que son esparracats al solelh de longa, que fan pas res de la jornada , an pas res dins lo teston t’an una cogorla en plaça del cap. Los del nòrd se pensan « supérieurs » e mai que mai los parigots. Aquò se ditz « un complexe de supériorité »

  Mais de l’accent : 

« De l'accent ! De l'accent ! Mais après tout en-ai-je?
Pourquoi cette faveur ? Pourquoi ce privilège ?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort...
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
“Ces gens là n'on pas le parler de tout le monde !”
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...”

   Es Miguel ZAMACOÏS qu’aviá escrich aquò.

  Bon ara me cal anar cromprar un parelh de fogaça d’Aigas Mortes amb un pichot veire frescadet de rosat que fa bronzar.

   Al reveire amics.

L’Enric del Redondèl

   Il faut parler d’un homme, un ”pleutre, houspilleur, va-nu-pieds”, oui grande gueule. Je ne connais pas son nom. Mais peut-être vous le connaissez. C’est un homme politique qui parle beaucoup. Il ne fait que crier, rouspéter, grogner, gesticuler. Il fait beaucoup de bruit pour se faire remarquer et faire le malin.

   L’autre jour cet “assommé”, s’est moqué d’une journaliste, de son accent du sud. Et, de plus, a dit que ce n’était pas du français.

   Je crois que cet homme politique très connu dit que les gens du Midi ne parlent pas français. La journaliste a posé une question gênante. Le type a commencé à crier, les yeux hors de la tête, très en colère. Cela se dit : n’arrive pas à se contrôler. Il ne peut pas maîtriser ses nerfs. Il a perdu les pédales. Je me disais : c’est ce genre de personne qui veut gouverner la France ?

   Dans l’imaginaire du monde, les gens du Sud sont des cigales pas sérieuses, un peu bébêtes, qui sont toujours allongés au soleil, qui ne font rien de leurs journées, n’ont pas de cervelle, ont une pastèque à la place de la tête. Les gens du Nord se pensent supérieurs, surtout les Parisiens. Cela se dit : avoir un complexe de supériorité.

   Mais de l’accent :

« De l'accent ! De l'accent ! Mais après tout en-ai-je?
Pourquoi cette faveur ? Pourquoi ce privilège ?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort...
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
“Ces gens là n'on pas le parler de tout le monde !”
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...”

   C’est Miguel ZAMACOÏS (*) qui a écrit cela.

    Bon, maintenant, je vais acheter un morceau de fougasse d’Aigues-Mortes et un pichet de rosé bien frais qui fait bronzer…

    Au revoir les amis.


Henri du Redondel

(*) Miguel ZAMACOÏS (1866 - 1955), poète, auteur dramatique, romancier, journaliste français.

Chroniques "LA FOGASSA SALADA" proposées par Henri et diffusées sur "RADIO LENGA D'OC"

Retrouvez cette radio en langue occitane sur   http://www.radiolengadoc.com/

Cronicas de L'Enric del Redondel