Louis Commeignes, dans ses "souvenirs d'enfance et de jeunesse", parle de l'activité "chapellerie" de son père Casimir Commeignes, coiffeur au Bousquet-d'Orb...

    "C'est la chapellerie qui rapportait le plus ; le prix de vente était à l'époque le double du prix d'achat. Pour augmenter le chiffre d'affaires, mon père faisait les foires des pays voisins, c'est pourquoi il avait besoin d'un cheval et d'une voiture. Lorsque les foires avaient lieu un jeudi, mes parents m'amenaient avec eux et c'était pour moi une grande aventure. D'abord le départ en pleine nuit, vers 3 ou 4h du matin, puis l'installation de la tente montée sur piquets, l'étalage des chapeaux, casquettes et bérets basques, le défilé des acheteurs en costume de paysan tout neuf (blouse bleue et chapeau noir à grand bord).

   Pour attirer la clientèle, mon père chantait une chanson de sa composition, intitulée: "La maison des trois francs soixante" (sur l'air de la mère Angot)

Au Bousquet chez Commeignes
Messieurs sachez le bien
On choisit à sa tête
On peut dire pour rien
Un chapeau magnifique
Vous ira bien je crois
Donnez votre pratique
 A l'un des trois François

Refrain

Sans égale, sans rivale
La maison des trois François
De la mode suit le code
Pour trois francs soixante au choix

2ème couplet (en patois)

Un paysan passabo
Per la villa flana
A ma porta badabo
Lou pré gué dé dintra
Al magasin s'installo
En diguen qu'aco es béou
Et per trés francs soixante Chabal qu'unté capéou

Traduction

Un paysan passait
Par la ville il flânait
A ma porte il baillait
Je le prie de rentrer
Au magasin il s'installe
En disant que c'est beau
Et pour trois francs soixante quel chapeau

   A treize heures, la vente était terminée et souvent il ne restait plus de chapeaux ou de casquettes. Alors on allait déjeuner à l'auberge où on faisait bonne chère. Ensuite, il ne restait plus qu'à emballer la marchandise restante, enlever la tente et retourner à la maison en fin d'après-midi."
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