LE BARON CLAUDE DE NARBONNE-CAYLUS (1527 à 1578)

  Par  Emile Ségui, diplômé d'études supérieures

Une petite place protestante pendant les guerres de religion (1562-1629) FAUGERES en Biterrois

A. LARGUIER, imprimeur, Nîmes 1833

4e année des Cahiers d'Histoire et d'Archéologie - Tome VIII 1934

3e partie

De la Saint-Barthélemy à la Ligue (1572-1576) - La prise de Lodève Troisièmes troubles.

   BBrusquement, alors que rien dans le Languedoc ne faisait prévoir une reprise des guerres, la nouvelle de la Saint-Barthélemy arrive. L'émotion est grande chez les protestants. La plupart des officiers royaux, suivant l'exemple de Joyeuse, tâchent de calmer les esprits, mais les passions populaires assoupies se réveillent. Le massacre de Toulouse déclenche les hostilités. La Saint-Barthélemy modifie les positions. D'une part elle exaspère les haines, et ce sera la guerre inexpiable. D'autre part, un certain nombre de protestants, jugeant la situation désespérée, reviennent au catholicisme, tandis que d'autres, fatigués des luttes, sont prêts à abandonner leurs revendications passées et à se contenter de la liberté de conscience. Enfin, chez bien des catholiques l'horreur de ce massacre, qui vient détruire une paix bienfaisante, provoque des résistances à la politique de répression. De ces états d'esprit nouveaux, le parti politique va naître.

   En attendant, on se bat partout. Les protestants s'emparent de nombreuses localités et Damville est obligé de faire sièges sur sièges, coupant son activité de suspensions d'armes, après entente avec les réformés. Damville, que le meurtre de son cousin Coligny avait d'ailleurs fort mécontenté, réservait l'avenir.

 L'ORGANISATION DU PARTI

    Les protestants se donnent des cadres   administratifs, des chefs, des finances. L'organisation crussolienne de 1562 reparaît avec une prépondérance plus nettement marquée de l'élément urbain sur la noblesse. Les Bénédictins nous donnent la liste des « 'gouverneurs de la Religion ». L'Albigeois, le Castrais, le diocèse de Saint-Pons, sont entre les mains du vicomte de Paulin. Qui eut sous ses ordres le Biterrois et le Lodévois ? La « France protestante » dit que Claude de Narbonne exerça le commandement en chef en 1575 dans les diocèses de Béziers, Narbonne et Lodève. Ne fut-il pas un des chefs de 1573 ? Son activité dans la région nous inclinerait à l'affirmative.

 LE BARON EN CAMPAGNE

    De bonne heure, le baron entra en campagne. Son premier objectif fut Bédarieux, que les catholiques avaient repris à la veille de l'Edit de Saint-Germain. Il ne lui fut pas bien difficile de s'en rendre maître avec l'aide de la population protestante. L'affaire ne fut pas chaude. «Il n'y eut guère de meurtres», dit le Calviniste de Millau, qui note l'événement. Et le chroniqueur ajoute que M. de Faugères « fist prescher l'Evangile dedans

   Les comptes des consuls nous apprennent qu'on publia à Faugères l'édit fait «après le massacre de Monsieur l'amiral ». Ils mentionnent la présence d'une garnison protestante à Autignac, que le capitaine du château, Gauffre, fait ravitailler. Le baron s'est-il saisi d’Autignac pour couvrir sa place principale ? C'est possible. Nous relevons la mention d'une escarmouche aux baraques de Laurens, à 3 kilomètres de Faugères - deux soldats de la garnison de Faugères y sont tués.

   Faut-il rapprocher de ce fait le souvenir d'un combat dans lequel nombre de soldats de Laurens auraient trouvé la mort et qu'attesterait, selon la tradition, le nom donné au tènement, lou Perimen ? L'imagination populaire a pu grossir une rencontre de modeste envergure.

   Les documents nous disent que le baron est allé à Versols, dans le Rouergue, mais sans nous indiquer la date. Claude dut rester assez longtemps absent de Faugères, soit qu'il habitât Lunas, soit qu'il fut en quête de recrues. A son retour à Faugères il est en correspondance avec M. de Bosquillon, à Salasc. Le baron prépare son coup de maître.

LA PRISE DE LODEVE

    Le vendredi 4 juillet, à la tête de 400 arquebusiers des garnisons de Faugères, Bédarieux, Lacaune et Gabian (cette dernière place avait été prise en janvier et fort probablement par Claude, son redoutable voisin), il s'empare de Lodève.

    L’histoire vaut d’être contée avec quelques détails. Lodève avait toujours été hostile à la Réforme. On comptait dans ses murs des protestants, mais ils furent toujours impuissants à dominer la ville. En 1567, une quarantaine d'entre eux avaient péri sous l'ordre de l'évêque Briçonnet. Les autres, au cours des guerres, avaient fui. Quelques-uns s'étaient réfugiés à Lunas, à 15 kilomètres de leur ville, sous la protection de Claude. De ce nombre étaient le sieur de Grézac et Jean Salamon, deux notables. Les fugitifs durent pousser le baron à l'attaque en lui faisant escompter un succès. Employer la force, il n'y fallait pas songer : les défenses étaient trop sérieuses et sans le canon il ne pouvait rien contre elles. D'ailleurs il disposait de trop faibles effectifs pour tenter l'aventure. L'escalade nocturne ? Il l'avait essayée sans succès. Il eut recours à la ruse. Il usa du stratagème classique, qu'il pratiquait avec bonheur d'ailleurs. La surprise de Lodève est une 2e édition de celle de Bédarieux en 1563. Les eaux de la ville s'écoulaient par un égoût appelé vulgairement le gazzelier. Une grille de fer le fermait. Durant quinze nuits consécutives un adroit serrurier lima les barres de fer, cammouflant son travail et soutenant les barres sciées avec de la cire. Le 26 juin dans la nuit, le baron, qui avait concentré ses hommes à Lunas est à proximité de la place. Les capitaines Vignaudy et Espagne avaient promis de donner les premiers. Le cœur leur manque au dernier moment. On s'en retourne sans bruit pour ne pas alarmer la ville. Va-t-on abandonner l'entreprise ? Les Lodévois fugitifs que la vengeance anime, s'offrent à passer devant. Le 3 juillet, Claude de Narbonne revient en plein jour avec ses troupes et fait le tour de la place comme pour tâter ses murailles. En se retirant, il envoie faire son compliment à Briçonnet, lui promettant de dîner le lendemain en sa compagnie. On prit ces paroles pour une bravade et on ne fit pas meilleure garde. La nuit venue, le baron retourne vers Lodève.

    Il envoie le serrurier avec Grezac et Salamon vérifier l'état de la grille. Par mesure de précaution, l'artisan avait laissé à l'entrée un pistolet, avec, sur le bassinet, un double tournois. Le pistolet était bien là on n'y avait pas touché : on pouvait agir en toute confiance. Le serrurier a vite fait d'ouvrir le gazzelier, et peu après, une vingtaine de soldats, conduits par Etienne de Beyne, sieur de Gos, s'y engagent derrière les deux Lodévois. Comme ils débouchaient dans la ville, couverts de boue, ils sont découverts par la ronde. ils frappent, la dispersent, mais l'alarme est donnée. Sans perdre de temps Grézac et Salamon entraînent la petite troupe vers la porte de la Bouquerie, qui était voisine. En chemin ils s'emparent des outils d'un maréchal et tandis que six d'entre eux, à coups de (marteau, rompent les ferrures et enfoncent la porte, les quatorze autres tiennent en respect les Lodévois accourus à la rescousse. La porte forcée cède. Claude de Narbonne et ses gens, « tant à pied qu'à cheval » se précipitent, véritable torrent dévastateur,au cri de « Tue ! tue ! » Il n'y eut guère de résistance. La plupart des Lodévois s'enfuirent par une autre porte. Quelques-uns pourtant, laboureurs et femmes, dit le chroniqueur, n’ayant pu se sauver, se détendirent dans leurs maisons « à grands coups de pierres » et blessèrent de nombreux soldats, quelques-uns mortellement. Briçonnet, avec une poignée d'hommes, se réfugia dans la cathédrale et tenta de lutter. Le sieur de Gos, en voulant forcer l'entrée, reçut un coup d'arquebuse qui lui fit perdre un bras. La résistance ne pouvait durer longtemps. L'église fut prise. Briçonnet parvint à se sauver à demi-nu en à gagner Saint-Etienne-de-Gourgas à la faveur de la nuit. Claude était le maître de la ville. A vrai dire, il l'avait eue facilement, et le premier président Truchon avait quelque raison sans doute d'accuser de trahison l'un des hommes de confiance de Briçonnet...

 LE SAC DE LA VILLE, LE « MARTYRE » DE SAINT-FULCRAN

    Lodève subit le sort des villes prises d'assaut. Bien d'autres avant elle et bien d'autres après furent aussi durement traitées. Les lois de la guerre et les mœurs étaient rudes, les passions exaspérées, l'heure de la vengeance depuis longtemps attendue, et dans les troupes de Claude, combien de professionnels, embauchés pour la campagne ? Les recrues des consistoires, les rudes gars du Rouergue, du Castrais ou du Biterrois, étaient sans doute d'autre valeur morale, mais la guerre les rendait durs et le contact des « soudartz » les gâtait vite. Enfin le soldat touchait maigre solde quand il était payé — Il se rattrapait sur l'ennemi. Lodève fut livrée au pillage. Et comme les gens des environs, confiants dans ses murailles, y avaient déposé ce qu'ils avaient de plus précieux, le butin fut énorme. On l'estima à plus de cent mille écus. Le viol et le meurtre étaient les compagnons habituels du pillage : les «soudartz» de Claude ne manquèrent pas à l'usage. Philippi dans ses mémoires dit qu'il y eut peu de sang répandu, mais le calviniste de Millau, mieux informé, fixe à 140 le chiffre des habitants tués. Sans doute beaucoup de Lodévois, nous l'avons dit, s'étaient enfuis, mais on ne tua pas aussi méthodiquement que dans telle autre ville en semblable circonstance, car les récits sur le «Martyre de Saint-Fulcran» supposent la présence de nombreux témoins catholiques dans la ville. Les églises et les couvents furent saccagés et, comme le dit avec une humour féroce le chroniqueur de Millau, «les capitaines se vouèrent à Saint-Fulcran». Le corps du saint, enlevé de sa châsse, fut traîné avec des cordes par les rues de la ville, ensuite «dépecé et vendu». On en jeta aussi des morceaux à la voirie et la tête fut le jouet du baron et de ses soldats.

   On sait quelle est la vénération des Lodévois pour Saint-Fulcran. Un pareil spectacle frappa fortement leur imagination et Claude de Narbonne resta pour eux l'incarnation de Satan. Des récits dramatiques et édifiants passèrent de bouche en bouche, se transmirent de génération à génération, non sans embellissements ou déformations, et la légende se forma. Dans «Mon oncle Célestin», le romancier Ferdinand Fabre met l'essentiel de cette légende dans la bouche du saint ermite Laborie. Mais on en a conté bien davantage ! Nons relevons dans la «Vie de St-Fulcran», de Bosquet, un horrible détail. Claude, dit l'auteur, envoya en cadeau à sa mère et à sa femme, «qui étaient catholiques», la tête et la peau du ventre. A sa mère, passe encore, le baron aurait peut-être été capable d'une moquerie macabre, mais à sa femme ce n'est pas possible : elle était protestante, et l'historiographe de Saint-Fulcran se trompe sur son compte. Si la mère de Claude, la vieille Béatrix, avait reçu de telles reliques, il est vraisemblable qu'elle les eût pieusement conservées et qu'elles seraient aujourd'hui à côté des quelques ossements du saint que les catholiques lodévois ont pu sauver en 1573.

   Maître de la ville, Claude s'y installa solidement. Il fit abattre toutes les maisons contiguës aux murailles afin de faciliter la défense.

 L'ACTIVITE DU « GOUVERNEUR DE LODEVE »

    La prise de Lodève, ville épiscopale, mit au premier plan Claude de Narbonne. La paix de la Rochelle ne fut pas acceptée par les protestants du Midi. Ils achevèrent de s'organiser, subordonnant de plus en plus les gentilhommes aux consistoires, mettant le vicomte de Paulin à la tête du Haut-Languedoc et Saint-Romain à la tête du Pays-Bas. Le 24 août 1573, ils tinrent une assemblée générale à Montauban pour rédiger leurs plaintes au roi. Claude de Narbonne y était.

   A son retour, il reprit les armes, et, descendant dans la plaine, il s'empara de Florensac et de Pomerols. Les Bénédictins disent que ces bourgs furent pris par «ceux des montagnes du diocèse de Lodève». C'étaient les hommes de Claude (novembre 1573). La raison de cette occupation : on voulait sans doute punir Jacques d'Acier, devenu duc d'Uzès. Seigneur de Florensac et de Pomérols, d'avoir abandonné la cause calviniste.

   Une nouvelle assemblée générale des religionnaires se tint à Millau le 17 décembre. Le baron de Faugères n'est pas compté parmi les présents par dom Vaissette, mais un document publié par le Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme français en 1861 nous donne la liste détaillée des députés. Nous y retrouvons le nom du baron de Faugères. Lodève fut représentée avec 25 ou 30 villages des environs — La terreur avait dû amener à la Réforme tout le Lodévois — Gabian, Bédarieux, Cabrières, du diocèse de Béziers, le firent également. Il faut croire que Faugères le fut aussi, car le baron convoque à Lodève les consuls du village pour «députer aux Etats Généraux» de Millau. Le premier consul Jacques Salamon se rend à l'appel du seigneur et y «vaque» 5 jours. Les églises du diocèse de Béziers déléguèrent M, André Gigort, notaire. Parmi les députes, rions relevons M. de Melet : c'est le nom d'un notable faugerol.

   Quand l'assemblée de Millau eut terminé ses travaux, le vicomte de Paulin vint à Lodève confirmer Claude de Narbonne en qualité de gouverneur de cette ville. C'est le titre que lui donne, dans son si intéressant mémoire du 23 janvier 1574, le baron de Fourquevaux.

   Trois mois plus tard, les protestants forment le projet de surprendre Béziers. Le 24 avril, Jacques Salamon, le premier consul de Faugères, est appelé à Lodève et y reste cinq jours. Faut-il rapprocher ce déplacement de l'attaque projetée, que Fourquevaux et Damville firent échouer ?

 

L'ALLIANCE DES POLITIQUES ET DES PROTESTANTS

 

   Ce dernier négociait depuis quelque temps déjà avec les réformés, qu'il ménageait visiblement depuis la Saint-Barthélemy. En haut. lieu on était inquiet de ses agissements. A la première occasion le roi le révoqua. Damville se rapprocha aussitôt des religionnaires et signa avec eux une trêve de sept mois. Peu après l'alliance des catholiques modérés et des protestants était conclue. Damville prenait le rôle d'un «protecteur de la liberté de conscience et d'un réformateur de l'Etat». En janvier 1575, l'union des protestants et des politiques est confirmée, à Nimes, malgré l'opposition d'une minorité huguenote intransigeante. Aux Etats Généraux de Nimes, les consuls protestants du diocèse de Béziers ont envoyé des députés. Ils se sont réunis pour cela à Bédarieux au mois de décembre. Le premier consul Jean Raymond y a représenté Faugères. Nous ne savons pas si le baron Claude a assisté à l'assemblée de Nîmes. C'est peut-être cette assemblée qui lui confia le commandement en chef dans les diocèses de Béziers, de Lodève et de Narbonne.

   Les hostilités se déroulent, semblables aux précédentes, avec des alternatives de revers et de succès de part et d'autre. Ce n'est pas un spectacle banal de voir un huguenot comme le duc d'Uzès commander les forces catholiques, tandis qu'un catholique, Damville, est à la tête des protestants.

   Il nous est difficile de suivre Claude de Narbonne. Il ne paraît guère à Faugères durant l'année 1575.

CLAUDE DE NARBONNE AU SECOURS DE BACOU

    Le 22 septembre, selon Gaches, les catholiques de Béziers et de Narbonne assiègent le célèbre Bacou dans Pierrerue. Mais Bacou tient vaillamment, « ayant été secouru par le baron de Faugères». Peu après, le vicomte de Paulin fit lever le siège. Les Bénédictins disent qu'à cette date, les catholiques essayèrent de s'emparer de Peyrens en Lauraguais, mais qu'ils furent contraints d'abandonner l'entreprise, le baron de Faugères et le vicomte de Paulin ayant marché au secours. Les Bénédictins donnent leurs références : Gâches. Il y a erreur de lecture : Peyrens pour Pierrerue (Peyrerue sans doute dans le manuscrit). Avant ln Peyrens. ils ont ajouté en Lauraguais pour la clarté du texte, comme ils ajoutent « au diocèse de Lavaur » quand ils nomment Semalens. Les comptes des consuls nous apprennent que le 24 septembre le baron envoie un ordre aux consuls et le porteur. Bonnes, un Faugerol de sa compagnie, touche 15 sous. C'est le salaire pour une course de deux jours, peut-être l'aller et le retour. Il est possible que Claude, prévenu par Bacou, se soit jeté dans Pierrerue et ait demandé l'aide du vicomte de Paulin, pour lors à Castres, par l'intermédiaire du capitaine de Faugères. Le messager étant toujours payé à l'arrivée, nous ne pouvons avoir confirmation du fait par les comptes consulaires faugerols.

 LES SUCCES DANS LE BITERROIS

    L'échec des troupes royales devant Pierrerue amène une réaction protestante dans le Biterrois. Le 6 janvier, les consuls de Faugères envoient un messager à Murviel « pour avertir Monsieur ». Il s’est donc saisi de la place. Il tient en ce moment tout e Lodévois, la vallée de l'Orb avec Lunas et Bédarieux, et les approches de Béziers avec Faugères, Gabian, Laurens, Autignac, Murviel et d'autres villages sans doute. Le tout sous l'autorité de Damville, avec lequel il semble en excellents termes. Damville, en effet, soit par la persuasion, soit Béziers qui lui échappent en grande partie. En janvier 1576, sur les instances du baron de Faugères et du baron d'Espondeilhan, il assiège et prend Pouzolles. Nous remarquons le premier rapprochement, à notre connaissance, de ces deux noms que nous retrouverons souvent associés par la suite. 

UNE TENTATIVE SUR LE CAYLAR

     L’activité de Claude de Narbonne ne reste pas confinée dans le Biterrois. Il n’oublie pas qu'il est gouverneur de Lodève. Le Calviniste de Millau nous conte, sans préciser la date, comment il essaie de se saisir du Caylar, par surprise, un soir selon son procédé habituel. Il entra, mais la défense s'organisa telle sorte qu’il laissa dix des siens sur la place et s'en retourna blessé.

   En mai 1576, un nouvel Edit apportait la paix à la province, cette paix dont elle avait tant besoin. C'était la paix de Monsieur, signée à Beaulieu, qui ratifiait les demandes des politiques et assurait le triomphe de Damville et de l'Union.

   Durant ces quatre années de guerre, le baron de Faugères s’était mis au premier plan. Son retentissant exploit de Lodève avait effacé aux yeux de ses coreligionnaires la volte-face de 1567 avait fait trembler les catholiques de trois diocèses et un commandement en chef avait consacré sa valeur.

   La paix de Beaulieu amène le désarmement. Les portes s'ouvrent un peu partout. Le baron de Faugères dut abandonner Lodève, encore que nous ne sachions rien de précis au sujet de cette évacuation. L'historien de la ville, après avoir examiné quelques faits intéressants, la fixe à la fin de l'année 1576. Les Etats de Béziers ne demandent qu'une chose : le maintien de la paix par l'observation de l'Edit. Les malheurs du temps faisaient apprécier la tolérance ! Mais dès qu'on eût soufflé quelque peu, la bonne volonté s’évanouit.

 à suivre...

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Jeannine & Lucien Osouf juin 2026